Précieusement insignifiant
ça commence avec une errance dans l'obscurité sonore de la base sous-marine de St Nazaire. Alors que mes yeux s'habituent, se dessine le ventre d'une énorme coque de bois accrochée au plafond. Au milieu de l'espace, là où la coque se rapproche à tout juste un mètre du sol, un carré de lumière se détache sur le sol de béton. Il faut s'agenouiller pour en trouver la source. Un trou d'homme éblouissant, et au dessus de moi, le ventre de la baleine : une chambre secrète dorée, garnie de couvertures de survie. Métamorphose d'impact 2, des frères Chapuisat.
Là où les frères Chapuisat dissimulent la chaleur des couvertures de survie comme un trésor caché au cœur de l'obscurité (lumière au bout du tunnel ou jardin secret), Pia Manniko tend un Songe d'une Nuit d'été ondoyant au cœur de l'espace, le laisse bruire et s'envoler au passage du public. Délicatesse dérisoire.
La beauté de l'insignifiant, la beauté cachée en toute chose, le précieux comme arbitraire, le précieux là où l'on sait regarder - quelque chose du Kintsugi : les choses abîmées valorisées et investies.





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